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KLASEN Peter : GAZ - Aquagravure de Peter KLASEN

GAZ - Aquagravure de Peter KLASEN
Prix
1,200.00 € 
(Foreign countries : without V.A.T – Without frame)
Artiste
KLASEN Peter
Technique
Aquagravure
Support / Matériau
Papier fait main
Format (cm)
63x55cm

C’est un rapprochement plutôt incongru, voire choquant. Un buste de femme à moitié bandé se heurte violemment au monde de l’usine. Une situation de catastrophe imminente, suggérée par l’avertissement de la présence du gaz.

 

Biographie de KLASEN Peter

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La rencontre récente entre Thierry Lacan et  Peter Klasen a fait entrer dans la collection Lacan la Figuration Narrative, développant ainsi sa diversité. On retrouve dans les aquagravures de l'artiste d'origine allemande son intérêt pour notre société. S'y rencontrent la thématique industrielle, l'image du corps, des objets de consommation, des publicités etc., reflet critique de notre environnement social.

 "Le réel n’est rien d’autre que ce que je vous montre" Peter Klasen

L'artiste peintre, photographe et sculpteur allemand Peter Klasen naît à Lübeck en 1935. Maître des contrastes, il est fasciné par l’hostilité de la ville moderne et par les représentations du corps à l’état de marchandise.

Peter Klasen grandit au sein d’une famille sensible aux arts : son oncle Karl Christian Klasen, élève d’Otto Dix, est un peintre expressionniste de paysages et de portraits et son grand-père, mécène et collectionneur, l’introduit dans le monde des peintres amis de la famille. Peter Klasen commence ainsi très jeune à dessiner et à peindre. Il s’initie aux techniques de la lithographie et de l’aérographe. La lecture de Dostoïevski, Kafka et Thomas Mann le marque profondément.

De 1956 à 1959, Peter Klasen étudie à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Berlin, alors école d’avant-garde, et devient l’ami de Georg Bazelitz. En 1959, lauréat du prix du Mécénat de l’industrie allemande, il obtient une bourse d’étude et s’installe à Paris. Là, Klasen s’intéresse aux cinéastes de la Nouvelle Vague (Godard, Truffaut, Chabrol,...). Il fait la relecture des écrits théoriques de Dada et du Bauhaus, et développe le concept de l’intégration de la photographie dans son travail pictural.

Peter Klasen est, dans les années 60, un des fondateurs du mouvement artistique nommé Nouvelle Figuration ou Figuration Narrative. Il élabore alors un langage plastique personnel : il explore et réinterprète les signes de notre environnement urbain et, plus généralement, de notre société. Il s’intéresse aux images exploitées par les mass média et dénonce, par ses métaphores picturales, l’uniformisation du cadre de vie occidental. Ses peintures et oeuvres graphiques invitent à une réflexion critique sur le monde qui nous entoure. Peter Klasen réalise ses premiers "tableaux-rencontres" où s’opposent des images découpées et leur représentation peinte à l’aérographe. C’est aussi le moment où apparaît sur ses toiles l’image morcelée du corps féminin tirée d’affiches publicitaires, de cinéma et de magazines : ce sera une constante dans son oeuvre jusqu’en 1973. Klasen se fait l’écho d’une réalité déchirée où se mêlent des objets de consommation courante (téléphone, appareil électrique...), des objets de séduction (rouge à lèvres), des objets liés au corps et à la maladie (thermomètre, stéthoscope, seringue, pilule...).

Dans les années 1970, Peter Klasen connaît enfin le succès. Il peint ses "tableaux binaires", fondés sur la représentation opposée d’un fragment de corps humain et d’un objet, peint ou intégré, révélant son angoisse devant la scission des mondes de "l’être" et de "l’avoir". Il trouve ainsi un équilibre entre ce qui relève du sensuel, et lui paraît agréable, et ce qui appartient au monde de l’industriel, qu’il trouve répugnant.

La thématique industrielle marque profondément son oeuvre. On retrouve ainsi dans les peintures de Klasen des éléments tels que manomètres, tôles d'engins de travaux publics, verrous métalliques, bâches de camions et de wagons, durites de circuits hydrauliques. Sont également présentent dans ses peintures des logos, des chiffres et des photos issues de magazines ou d'affiches.

Entre 1973 et 1980, Klasen explore le thème de "l’enfermement" : il peint en gros plan, frontalement, sans arrière fond, grilles, barrières, portes cadenassées, wagons, bâches de camions... et dénonce ainsi les ambiguïtés du progrès et de la technologie. À propos de ses toiles, Henri Michaux parle d’une "étonnante dématérialisation des objets". En 1981, un séjour à New York fait naître une nouvelle approche dans son oeuvre : s’éloignant de l’univers d’une propreté clinique qui était le sien, il s’intéresse à la présence du temps, de l’usure, de la dégradation, de l’éphémère, à travers coulures, salissures, graffitis...

Dans les années 1986-1990, Peter Klasen commence le cycle du "Mur de Berlin", une série de cent tableaux qu’il achèvera avant la chute du mur en 1989. Parallèlement, il poursuit le repérage de l’iconographie urbaine pour en dévoiler la face cachée, celle des parkings, des entresols, des objets abandonnés, des déchets.

Dans les années 1998-2000, Klasen renoue avec la présence de l’image du corps dans son oeuvre. C’est le début des "Beauties", caractérisées par l’image fragmentée du nu féminin rehaussé d’un néon. À la suite des attentats du 11 septembre 2001, Peter Klasen entame une réflexion sur la fragilité de l’existence humaine liée à la violence inhérente à notre société.

Reconnue internationalement, l'oeuvre de Peter Klasen est visible dans des dizaines de musées et de collections publiques. Ses oeuvres ont fait l’objet de nombreuses monographies.

"Mon rapport à la ville est conflictuel, donc productif : il débouche sur des réponses créatrices. En repérant les objets de notre environnement, en les arrachant à leur utilité fonctionnelle et en les traduisant avec les moyens spécifiques à la peinture, j’ai développé un langage anti-corps qui résiste à l’agression permanente qu’exerce sur moi le monde extérieur". Peter Klasen

"Je suis né à Lübeck, en Allemagne, en 1935. Mon enfance aurait été sans histoire s'il n'y avait eu la guerre dont ma famille a souffert comme tant d'autres. Ni mon père ni mon oncle - ce dernier, peintre, fut élève d'Otto Dix - ne sont revenus de Russie où on les avait envoyés. Mes premiers souvenirs sont liés à ces drames et aux terribles bombardements, de ma ville. J'avais 5 ans à cette époque, je subissais la guerre sans comprendre réellement ce qui se passait, mais elle devenait d'un seul coup réelle, palpable : nos maisons avaient brûlé." Peter Klasen.