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TECHNIQUES ET HISTOIRE DE  L’ESTAMPE

Depuis la préhistoire la gravure a été utilisée comme moyen de communication. Les Chinois puis les Japonais semblent avoir été les premiers à inventer des techniques de reproduction d’images. En Europe  c’est au VIème siècle qu’apparaissent les premières impressions sur tissu.

D’une manière générale, les artistes ont toujours cherché à perfectionner  les techniques de gravure tout en essayant de les simplifier : 

Ainsi la gravure sur bois de fil, progressivement délaissée pour  la gravure sur cuivre, au trait beaucoup plus fin, puis la taille douce  connait différents développements. Au XIXème siècle de nombreuses nouvelles techniques apparaissent, toujours plus précises : l'utilisation de l’acier, du bois de bout et la lithographie.... les inventions plus récentes tels  le carborundum qui avait vocation d’imiter toutes les techniques déjà existantes, le linoléum, la sérigraphie, l’aquagravure qui revient vers des pratiques plus manuelles à l’inverse de l’estampe numérique … 

 

L’estampe a  été utilisée jusqu’à la fin de XIXème siècle à la fois comme  moyen de reproduction et comme  moyen de création. Les estampes ont toujours permis d’illustrer des livres mais ont aussi permis de colporter des images de toutes sortes. Au XVIIIème siècle il y eut un véritable engouement pour la gravure d’interprétation, qui permettait la diffusion des plus beaux tableaux de maître sous forme d’estampes.

Aloïs Senefelder inventa la lithographie pour imprimer plus facilement les partitions musicales qu’il éditait et le XIXème siècle a vu une véritable industrialisation de l’estampe pour l’illustration des livres et des journaux.

Pourtant dès les premières gravures, de nombreux artistes ont plutôt utilisé ce média pour ses possibilités dans un esprit de création donnant à l’estampe ses lettres de noblesse. A la fin du XIXème siècle l’arrivée des procédés de reproduction photomécaniques, héliogravure, quadrichromie,  photographie, a provoqué l’abandon de l’estampe comme moyen de reproduction. Depuis l’estampe (signée et numérotée) est choisie par des artistes comme un moyen d’expression à part entière, pour ses spécificités artistiques telles le trait  de la pointe sèche,  le velouté de la manière noire ou la puissance du trait de la taille douce, le relief du carborundum…

Les plus grands artistes font des estampes. C’est pour eux un formidable champ d’exploration, un moyen d’expression différent et subtil.

Thierry LACAN

Directeur de L’Estampe, Éditeur d’Art et Galerie depuis 1979.

Thierry Lacan est membre honoraire de la société des Peintres graveurs français.

 

 

La Gravure sur bois  

La gravure sur bois, autrement appelée Xylographie, fait partie des techniques d’impression dites en relief.

Une image est imprimée sur une feuille de papier à partir du motif dégagé d’un bloc de bois.

Le graveur esquisse son dessin sur un bloc de bois. Le contour du dessin est creusé au canif, au burin, au ciseau ou à la gouge. Le dessin est épargné, c’est de la taille d’épargne. Tout ce qui est creusé apparaîtra en blanc à l'impression. Le sujet est réalisé à l’envers, en négatif, et apparait à l’endroit à l’impression, l’artiste grave autant de matrices de bois que de couleurs.

 

Le relief reçoit l'encre, à la manière d'un tampon. La plaque est encrée au rouleau, puis imprimée soit à la main, soit le plus souvent à l'aide de la presse typographique, au plateau descendant à la verticale.

 

La gravure sur bois se définit de deux façons selon le sens dont la planche de bois a été taillée.

 

Le Bois de Fil

Lorsque le bois a été coupé dans le sens de la hauteur de l'arbre, c'est du bois de fil.

Le graveur emploie du bois dur : cerisier, poirier, noyer, la fibre de bois impose une orientation au geste du graveur, les courbes sont assez délicates à réaliser, le trait doit avoir

un minimum d'un millimètre d'épaisseur. Le dessin est contrasté.

 

Le Bois de Bout

Le bois est scié dans le sens perpendiculaire à la fibre, c'est le bois de bout. Les rondelles sont découpées en cubes collés entre eux dans le sens contraire des fibres, puis polies. Le graveur travaille sur une surface dure et lisse. L'Artiste creuse la matière avec des outils différents du bois de fil: langues-de-chat, échoppes, onglettes etc ...

Cette plaque de bois ainsi constituée se grave aisément avec un burin dans tous les sens, le graveur ne risque pas l'éclat des fibres. Le bois de bout étant plus résistant, les tailles sont plus

fines et peuvent être croisées.

 

La Linogravure

 La Linogravure est une technique de taille d'épargne. Le support en linoléum (liège, gomme et résine) est plus souple et homogène, et permet un dessin plus libre.

 

La Taille Douce

La taille douce fait allusion à tous les procédés de gravure en creux : burin, pointe sèche, eau forte, aquatinte, manière noire. La taille est le creux que crée le graveur avec un burin sur une plaque de métal doux.

Le mot taille-douce évoque la souplesse du cuivre qui enregistre toutes les inflexions de la main de l'artiste.

Lorsque la gravure est achevée elle est recouverte d’encre d'imprimerie qui doit pénétrer

dans les sillons creusés. L’excès d’encre est ensuite délicatement essuyé avec un chiffon, puis avec la paume de la main. Le papier  préalablement humidifié est placé sur la plaque, et le tout passe sous le cylindre de la presse. Sous l’effet de la pression et par capillarité, l’encre se transfère des tailles au papier.

On distingue deux groupes de procédés : la taille directe et la taille indirecte à l'acide.

 

  1 - La Taille directe :

 La taille directe consiste à creuser dans le métal directement et à l'aide d'outils.

 

La Gravure sur acier

Au XIXe siècle l’acier fait son apparition, bien plus résistant que le cuivre, et permettant une grande finesse d’exécution, l’acier a en outre l’avantage de permettre un grand nombre de tirages. Il devient au XIXe siècle le matériau le plus utilisé.

Grâce à la technique d'aciérage qui apparaît plus tard, on donne aux plaques de cuivre une plus grande résistance, et la possibilité de faire plus de tirages.

 

La Gravure au Burin

 Le burin est le nom de la technique et de l'outil employé par le graveur : lame d'acier de section carrée, rectangulaire ou en losange, coupée en biseau. Le buriniste pousse la lame dans le métal, dégageant des copeaux, il creuse des tailles nettes, sans rebord, d'une finesse et d'une profondeur variables.

Les nuances de valeur sont obtenues par la modulation de l'épaisseur du trait et la densité des trames (traits, croisés, parallèles, ...) Le resserrement des traits donne l'impression de volume et la variété du graphisme (pointillés, tailles croisées, parallèles) crée les effets de matière.

 

 

La Pointe Sèche

La pointe sèche est une tige d'acier finement aiguisée, qui donne là aussi son nom au procédé.

Cette pointe ne creuse pas un sillon net comme le burin, mais raye et laboure le métal de façon plus irrégulière. La pointe sèche laisse sur les bords du trait des barbes de métal, qui

retiennent l'encre et donnent un aspect velouté à l'impression.

 

Fragile à l’impression, le procédé ne peut pas être tiré à plus de quelques exemplaires. L’usure des tailles et des barbes modifie l’image.

 

 

La Manière Noire

C’est un procédé de gravure en creux sur cuivre. On l'appelle aussi gravure noire , mezzotinte ou mezzotinto : de l'italien qui signifie « demi-teinte ». La technique de la manière noire se décompose en deux étapes principales.

Le premier travail consiste à grainer la plaque uniformément de petits trous, à l’aide d’un outil : le berceau. Le grain doit être extrêmement régulier pour retenir l'encre.  Si la plaque était encrée à ce stade, on obtiendrait un noir parfait et velouté. Le berceau est un demi-cylindre fixé sur un manche et hérissé de minuscules pointes. L'affûtage est assez fastidieux. Un mouvement de balancement du manche permet d’entamer le métal de façon régulière et uniforme. La roulette pareillement hérissée de piques peut remplacer le berceau pour plus de rapidité, mais le rendu est moins fin.

En second lieu, en grattant les grains avec un grattoir et en polissant les pointes rugueuses de la surface avec un brunissoir, le graveur éclaircit progressivement les zones du dessin qui retiendront plus ou moins d’encre et donneront les tonalités de gris. En écrasant totalement les pics, la plaque redevient unie et l’encre n’y est plus retenue, cette zone rendra donc un blanc parfait.

La manière noire permet une grande variété de teintes. L'impression est délicate, en raison de la grenure, l'encrage doit s'effectuer avec un tampon doux.

 

 

 

2 - La Taille indirecte

L'Eau forte

L'eau forte est une gravure en creux indirecte : la matrice est creusée chimiquement. Le

graveur dessine sur une plaque vernie, à l'aide d'une pointe métallique qui met le métal à nu mais ne l'atteint pas. La plaque est plongée dans l'acide (d'où le nom eau-forte) le métal non protégé est mordu. On enlève le vernis, puis on encre la plaque comme pour la gravure directe.

L'aquafortiste trace avec aisance et souplesse dans le vernis, à la manière d'un dessinateur, son trait est spontané et les repentirs lui sont permis. La taille se caractérise par des bords légèrement irréguliers, dus à l'effervescence de l'acide. L'épaisseur du trait est modulée en fonction du calibre des pointes et du temps de morsure. La plaque est essuyée avec un solvant. L'eau-forte permet des effets très nuancés. Elle est souvent associée à l'aquatinte, à la pointe sèche, au burin.

 
 

 

 

 

La Manière de crayon

La Manière de crayon est, comme son nom l’indique, un procédé de gravure imitant le dessin au crayon. La roulette dentée inventée pour la manière noire rend des effets de hachures. Le graveur emploie aussi des tiges à trois pointes pour traduire l'aspect granuleux du trait, et des matoirs (sorte de poinçon). La manière de crayon est associée à l'eau forte.

L'estampe montre de belles variétés de tons, agréablement modelés, et des lignes successives correspondant aux passages de l'outil comme l'aurait fait un crayon.

 

L'Aquatinte

Le graveur saupoudre la plaque de grains de résine, de manière plus ou moins dense. La plaque est ensuite chauffée, la résine adhère, puis les grains durcissent et forment autant de petits points résistants.

Le métal est creusé à l'acide autour de ces grains. Ce traitement de la plaque renvoie à la manière noire et à ses textures veloutées. Ce procédé est généralement associé à l'eau-forte, un vernis protégeant les parties non grainées.

L'aquatinte permet d'obtenir des masses aux valeurs nuancées, à la manière d'un lavis.

Les traits sont apportés par une autre technique.

 

L’Héliogravure au grain

L’héliogravure au grain est un procédé qui permet le transfert d’une image photographique sur une plaque de cuivre par l’intermédiaire de gélatine photosensible. Elle apporte une qualité d’image incomparable dans le rendu des noirs et de toutes les nuances de gris, même les plus subtils.

La plaque de cuivre est uniformément préparée en aquatinte. La photographie originale est tirée sur un cliché diapositif de la taille correspondant à l’image finale.

Ce cliché est soumis à de forts rayons UV pour insoler un papier gélatiné spécial, la gélatine durcit proportionnellement à l’exposition reçue. La gélatine est appliquée sur la plaque de cuivre. Ensemble elles sont plongées dans un bain chaud qui va permettre de dissoudre

les parties non insolées et donc tendres de la gélatine.

La plaque est ensuite plongée dans l’acide comme pour une eau forte classique, puis nettoyée de la gélatine et du vernis de l’aquatinte. Le procédé d’encrage est le même que pour tous les procédés de taille douce.

 

La Méthode Hayter

La plaque de métal est gravée à l'eau forte, les encres sont préparées avec des dosages d'huile variables afin qu'elles ne se mélangent pas facilement , elles sont posées successivement avec des rouleaux de duretés différentes qui rentreront plus ou moins dans les tailles du cuivre . L'encrage est entièrement recommencé pour chaque tirage, les rendant tous uniques .

 

Gravure au carborundum

Technique mise au point par Henri Goetz.

Le graveur dépose sur du métal ou une plaque de plexiglas, une pâte composée de résine plastique et de carborundum (carbure de silicium) en grains qui deviennent extrêmement durs au séchage. Le mélange pâteux des deux produits appliqué à la brosse et travaillé sur une plaque de métal donne en séchant une matière très dure, plus ou moins épaisse suivant la valeur du grain utilisé et les effets que l'on souhaite obtenir. Cette préparation offre l'avantage de pouvoir être encrée, essuyée, et imprimée comme une gravure en taille-douce, sans avoir à creuser le métal.

L’impression se fait sur une presse taille-douce, avec une pression moins forte que pour la gravure en creux.

- l’encrage peut s’effectuer tant sur les reliefs  que sur les creux,

- le papier à la cuve plus épais (600gr) et humidifié au préalable pour l’assouplir, est souvent utilisé car il résiste mieux aux préparations.

L'utilisation du métal comme support n'est pas obligatoire. D'autres matériaux résistants et stables peuvent être utilisés, tels que le Plexiglass, le Perspex, les laminés ou encore les plaques Offset usagées.

L'encre employée, noire ou couleur, est la même que pour la taille-douce, rendue plus fluide pour permettre un encrage au pinceau, avec des brosses plus ou moins large selon les surfaces à encrer. L'impression se fait sur une presse taille-douce, avec une pression moins forte que pour la gravure en creux, et avec un habillage plus souple composé de un ou deux caoutchouc mousse et de deux feutres.

La technique du carborundum convient très bien à la couleur et donne une grande richesse plastique de matières et de formes on peut la combiner avec d'autres techniques de gravure.

Henri Goetz en créant ce procédé voulait imiter la plupart des techniques traditionnelles, en les rendant accessibles à tous les artistes même inexpérimentés. Aujourd'hui le carborundum est surtout prisé pour le relief qu'il permet de créer.

 

 

 

La Lithographie 

La lithographie repose sur le principe de la répulsion réciproque de l'eau et des corps gras : l’artiste dessine au crayon ou peint sur la pierre calcaire à l'encre grasse lithographique. Le lithographe passe sur la pierre une solution composée de gomme arabique et d'acide nitrique.  Cette opération fixe le dessin et ouvre les pores de la pierre aux endroits vierges, on mouille ensuite la pierre. On encre au rouleau, avec une encre d'imprimerie également grasse : les parties grasses (le dessin) acceptent l'encre, les parties humides la refusent. Le tirage se fait avec une presse lithographique qui presse fortement la feuille de manière égale.  

Cependant le Zinc ou l'Aluminium peuvent être utilisés à la place de la pierre, plus légers et économiques, ils permettent les mêmes résultats.   La couleur apparaît dans la lithographie dès sa création. La même feuille est réimprimée autant de fois qu'il y a de couleurs, sur autant de pierres où sont tracés les dessins correspondant aux teintes. La difficulté tient au calage de la feuille, les tracés doivent s'accorder. On tient aussi compte de l'éventuelle superposition de couleurs qui donnera des teintes mixtes.  

 

 

La Chromolithographie  

La Chromolithographie utilise le principe de la quadrichromie basé sur les trois couleurs primaires et le noir, pour créer des teintes avec une multiplicité de points. C’est de cette technique que découlera plus tard le procédé d’impression en offset.

En outre l'impression se fait sur une presse qui permet un bon repérage des impressions successives, sans humidifier la feuille, ce qui évite les problèmes de déformation du papier. Le reste de la technique de la chromolithographie est identique à la lithographie.

 

Le Pochoir 

Le pochoir est une technique de découpage et de coloriage manuel permettant l'impression d'une même forme à de multiples exemplaires ou de plusieurs couleurs, ou encore de formes en juxtaposition. Une feuille de zinc ou d'aluminium sur laquelle un dessin a été reporté est découpée au stylet ou à la machine. Le coloriste décompose les différentes couleurs et restitue  les tons exacts du modèle. Les vides sont remplis de gouache ou d'aquarelle appliquées à la brosse tenue verticalement. Il faut un pompon (brosse) par couleur.   

 

La Sérigraphie 

La sérigraphie est un procédé dérivant du pochoir. Le sérigraphe utilise des écrans de soie (séri en grec) ou de nylon en partie obturés : l'encre passe à travers les parties laissées libres.  Le dessin est réalisé à l'encre latex sur un écran. Puis on étale au dessus un bouche pore qui obstrue les parties vierges. Après séchage, le latex est retiré à l'aide d'une gomme libérant les mailles au travers desquelles passe l'encre.   L'atout premier de la sérigraphie est la richesse de ses couleurs : les encres sont mates, satinées, transparentes, brillantes, fluorescentes, toujours vives, elles permettent d'accentuer les oppositions lumineuses, les effets optiques. La sérigraphie peut être tirée à un grand nombre d'exemplaires, sur tout support et en grand format.   

 

La Méthode Hayter

La plaque de métal est gravée à l'eau forte, les encres sont préparées avec des dosages d'huile variables afin qu'elles ne se mélangent pas facilement , elles sont posées successivement avec des rouleaux de duretés différentes qui rentreront plus ou moins dans les tailles du cuivre . L'encrage est entièrement recommencé pour chaque tirage, les rendant tous uniques .

 

L’Aquagravure

 

 

L’aquagravure se caractérise par la création simultanée du papier et de la gravure. L’artiste  grave et sculpte son motif en bas-relief avec diverses possibilités de matériaux: bois, cire, bronze, terre etc…. Un moule souple est réalisé à partir de cette création.  La feuille de papier est fabriquée dans l'atelier avec de la pâte à papier, puis déposée au format choisi, sur un support dans la presse.

Le moule est coloré  " à la poupée ", technique manuelle, pour chaque estampe, avant d’être positionné sur la pâte à papier. Le pressage se fait graduellement jusqu’à atteindre plusieurs tonnes.

Suit alors une très longue étape de séchage de plusieurs semaines, après quoi, chaque pièce sera retouchée à la main pour en affiner les détails de couleur.

Cette technique ouvre la voie à de nouveaux champs de créativité grâce à ses possibilités de volume et de matière.

L’aquagravure est un véritable objet. L’œuvre ainsi réalisée a une présence et une force qui séduit beaucoup d’artistes. Pour eux c’est un nouveau champ d’exploration qui leur demande une vraie implication dans la création.

La technique de l’aquagravure a été mise au point par Bernard Pras en 1989 avec le papetier Jacques Bréjoux , maitre d’art au Moulin du Verger ; le premier atelier d'aquagravure a été crée en 1990 à Montreuil .

En 2006 l'atelier Aquastamp a été ouvert a Paris puis fermé en 2013 .

Aujourd'hui et depuis 2014 le seul atelier d'aquagravure répertorié en France et créé par Thierry Lacan pour les éditions l'Estampe se situe près de Strasbourg.

Cette technique a été développée en collaboration avec des artistes comme Bengt Lindström, Corneille, Bram Bogart, dans l’atelier Papou, puis l'atelier  Aquastamp et L’Atelier de L’Estampe et a permis à de nombreux artistes de s'initier à cette technique :

Les artistes :

Bram Bogart, dont toutes les œuvres sont en relief, avait le travail le plus adapté à  ce medium, l’aquagravure permet de faire apparaître les moindres détails de ses formes et de ses couleurs.

Guillaume Corneille  a réalisé plus d’une quarantaine d’aquagravures depuis 2001. (éditions l'Estampe )

Robert Combas fut initié à l’aquagravure en 2009. Convaincu de l’intérêt de ce nouveau moyen d’expression et de ses nombreuses qualités,  il a réalisé  5 éditions (éditions l'Estampe )

Peter Klasen, peintre, photographe et sculpteur, a réalisé en 2011 ses premières aquagravures et depuis a réalisé : 12  gravures (éditions l'Estampe)

Tony Soulié a réalisé ses premières aquagravures en 2010, lui permettant d’intégrer de subtils reliefs dans ses créations.

Hervé Di Rosa a créé sa première pièce en 2016.

Jacques Villeglé  a signé ses 2 premieres éditions en 2016

Erro : également séduit par la technique signe en 2017 sa septième édition d’aquagavure ( éditions l'Estampe )

Autres artistes ayant adopté la technique :

Bernard Alligand

Eduardo Arroyo

Elvira Bach

Clemens Briels

Jacques Clauzel

Pierre-Marc De Biasi

Christophe Hohler

Alain Kleinmann

Antonio Segui

Sumo

Raymond E.Waydelich

 

 

L’Estampe Numérique

L'estampe numérique est une œuvre réalisée avec un ordinateur et tirée à l'aide d'une imprimante numérique.

Le terme “ estampe numérique ” est basé sur une double analogie : la première entre la matrice d’estampe traditionnelle (par exemple une plaque de cuivre en gravure) et la “ matrice numérique ” qui définit l’image dans l’ordinateur; la seconde analogie se situe entre le transfert physique de l’encre, de la matrice traditionnelle à la feuille de papier et le transfert

numérique de l’information permettant à une imprimante de grand format de “ transférer ” l’encre de la “ matrice numérique ” au papier.

De la même matrice indéfectible, on peut tirer un nombre illimité d'œuvres originales, de format et de support variés, à des périodes espacées. La qualité du tirage d'une estampe numérique dépend de l'artisan estampeur qui doit conjuguer sensibilité et connaissances techniques.

 

Citations

Paul Valéry

Petit discours aux peintres graveurs:

« Messieurs, je voudrais bien pouvoir vous dire : chers Confrères, mais les quelques rapports que j’ai eus avec la gravure furent de ces rapports que l’on n’ose avouer ; ils se réduisirent bien vite à ce qu’il fallut pour que je comprenne très nettement que je n’étais pas né pour graver.

Donc, Messieurs, mon indignité avouée, je cherche un remerciement qui la rachète… Comment vous manifester mon sentiment si ce n’est en essayant de vous exprimer à ma façon tout le cas que je fais de votre noble métier et la signification particulière que j’y attache ?

Je vous ferai d’abord cette confidence que, bien souvent, je vous regarde avec envie et que je me sens le désir (sans l’espoir) d’échanger mon porte-plume contre une pointe ; je n’ose dire : contre un burin.

Puis, je rapproche en esprit nos deux arts ; je découvre dans la gravure, comme dans l’écriture littéraire, une manière d’intimité étroite entre l’ouvrage qui se forme et l’artiste qui s’y applique. La planche (ou bien la pierre) est assez comparable à la page qui se travaille : l’une et l’autre nous font trembler ; l’une et l’autre sont devant nous à la distance de la vision nette ; nous embrassons l’ensemble et le détail dans un même regard : l’esprit, l’œil et la main concentrent leur attente sur cette petite surface où nous jouons notre destin… N’est-ce pas là le comble de l’intimité créatrice que connaissent identiquement le graveur et l’écrivain, chacun attaché à sa table, où il fait comparaître tout ce qu’il sait et tout ce qu’il vaut ?

[…] J’aime le graveur. Je vous aime, graveurs et partage votre émotion quand vous élevez à la lumière, tout humide encore et délicatement pincé du bout des doigts, un petit rectangle de papier à peine issu des langes de la presse. Cette épreuve, ce nouveau-né, cet enfant de votre patiente impatience (car l’être de l’artiste ne se peut définir que par des contradictions),  porte ce minimum de l’univers, ce rien, mais essentiel, qui suppose le tout de l’intelligence. »

 

Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938) :

« Nulle part ailleurs que dans ses gravures on n'apprend à mieux connaître un artiste. »

« La gravure donne à la forme souple du dessin une formulation fixe et définitive »

 

Denis Diderot

« la couleur d'un morceau de peinture passe. La réputation d'un grand peintre ne s'étend souvent parmi ses contemporains et ne se transmet à la postérité que par les qualités que la gravure peut conserver. »

Picasso disait que même à un seul exemplaire, une gravure valait la peine d’être tirée.